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“CONCESSIONS” avec Nicolas Filloque
AOÛT 2020 
ROSTRENEN, 22,


MISSION : Invitation au Festival d’arts urbains In Cité
COMMANDITAIRE : La Fourmie
INTERVENTION : Démontage et remontage d’une Super 5
DURÉE DU CHANTIER : 6 jours
ENCORE MERCI : Nicolas, Saskia, Loïc, Denis, Florent, Vincent, Jacques, Noli, Bernard, Prune, son fils et son beau papa, Elli, Typhaine, Hugo, toute l’équipe de La Fourmie, Eric, Erwann, Cynthia, Kenan, Ina, Chalou, Céline, Denis et les autres ! Et encore merci à Jean-François pour l’accueil et la confiance !

CRÉDITS PHOTOS : Eric Legret, Erwann Babin, Nicolas Filloque et nous même

   
    Avec Nicolas on s’est vite mis d’accord, on voulait démonter une voiture. Avec l’aide des passants zélés, on souhaitait se l’approprier, et essayer d’en percer les mystères en la démontant intégralement et en lui offrant une seconde vie.

Cette aventure visait par le partage, la transmission à s’initier à la mécanique et à démanteler la voiture. La démanteler donnait lieu à des rencontres et permettait d’appréhender et apprivoiser ces inconnu.e.s. Une histoire écrite au fur et à mesure, chacun venant partager un peu de son temps avec ses connaissances ou ses idées. Les bonnes et les moins bonnes. Une semaine passée à composer avec les uns, à apprendre des autres.

    C’est du cimetière automobile qu’a été tirée notre supercinq. D’abord hissée par un engin, tractée par un autre et propulsée dans un cœur de ville, à sa place, au parking.
Quelques accrochages et usages fréquents et répétés des assises déchirées étaient les seules réminiscences de sa vie passée.

Un scrupuleux travail de démontage, de rangement a alors commencé, révélant la carcasse dépouillée du véhicule. Vidangée grâce à la batterie d’une autre voiture, découpée à la meuleuse, elle a enfin été escortée à son nouveau lieu de résidence sous le regard hagard des passants. Les racontages s’élevant des bistrots : Mais qu’est ce qu’ils font, pourquoi ils font ça ?

Rue de Verdun, une vitrine vide nous attend, vestige d’une boutique d’antan. Il faut y faire rentrer la voiture.

Après un passage de porte digne d’un match de gouren, l’équipe s’accorde à réaliser un socle rose poudré, podium de la supercinq reconstituée. Les choses tiennent comme elles peuvent, là où elles peuvent, avec un lot de pièces disparues.

À Rostrenen, la journée s’achève, le soleil se couche. Au mouvement des passants, la voiture s’illumine, de la fumée s’en échappe, et la vitrine prend vie tel un écran de cinéma. Un drive-in aux rôles inversés duquel chacun tisse une fiction différente :
Comment la voiture et le moteur sont-ils rentrés ?
Qui de la voiture ou de la maison était là avant ?
Émergent alors autant de scénarios laissant perplexe les visiteurs.

Néanmoins, l’ultime concession apparaît : le jour, on ne voit pas l’intérieur, la nuit, on ne voit pas l’extérieur ...

    De nouvelles histoires viennent s’ajouter à celle d’une ancienne boutique où se mêlaient autrefois des articles variés, des cigarettes, des chaussures et des feux d’artifice. Jean François le propriétaire rénove cette vieille bâtisse dans un chantier titanesque et y envisage également d’autres histoires pleine d’audace et de rencontres. Une galerie d’art brut.